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jeudi 15 mars 2007

Biomasse et déplétion pétrolière : une solution en vue ?

Par Jean Etienne, Futura-Sciences, le 14/03/2007 à 18h14

Solution envisagée par de nombreux producteurs, les biocarburants se heurtaient à la problématique de leur production en quantité suffisante pour alimenter une partie significative de la consommation. Des chercheurs américains pensent pouvoir apporter la solution.

Dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (Pnas), Rakesh Agrawal et ses collègues de l'université Purdue, à West Lafayette (Indiana), affirment qu'il serait possible de produire à partir de biomasse végétale suffisamment de carburant pour alimenter la totalité des besoins américains dans le domaine de transports, soit quotidiennement 13,8 millions de barils.

Pour cela, déclarent-ils, il suffirait d'améliorer les techniques existantes "biomass to liquid" (BTL) déjà expérimentées dans un certain nombre de pays, filières prometteuses mais entachées jusqu'à présent de rejets d'énormes quantités de CO2 responsable de l'effet de serre.

Ce procédé repose sur la gazéification de matière végétale de manière à obtenir hydrogène et monoxyde de carbone, utilisés à leur tour pour synthétiser des hydrocarbures liquides directement utilisables dans les moteurs. Cette réaction chimique, qui porte le nom de Fischer-Tropsch, peut aussi s'obtenir à partir du charbon (coal to liquid) ou du gaz naturel (gas to liquid). Cette technique est complètement différete du bioéthanol obtenu par voie enzymatique au départ d'amidon de maïs ou de sucre de betterave.

La difficulté actuelle réside dans la quantité de biomasse nécessaire. En effet, substituer cette nouvelle énergie à tout le pétrole consommé aux Etats-Unis est inenvisageable, car cela exigerait une surface cultivable supérieure à celle du pays, et l'émission des gaz à effet de serre ne serait pas le moindre obstacle car près des deux tiers de la matière brute de départ, biomasse ou charbon, s'envolent sous forme de CO2 durant la phase de liquéfaction.

L'innovation apportée par Rakesh Agrawal et ses collègues consiste à recycler le gaz carbonique dans le gazéificateur même, et cela en le faisant réagir avec de l'hydrogène qui proviendrait d'une unité séparée, fonctionnant au moyen d'une énergie renouvelable, solaire, éolienne ou même d'une petite centrale nucléaire. Autrement dit, ne reposant pas sur la combustion du carbone.

Cette absence de tout rejet de CO2 permet de réduire la quantité de biomasse nécessaire de 60% pour une quantité équivalente de carburant. Suivant les scientifiques, la totalité du parc automobile des Etats-Unis pourrait être alimentée en y consacrant seulement 10% de la surface cultivée du pays, si l'on utilise des plantes telles le panic (Panicum virgatum) utilisée aussi comme plante d'ornement.

Enfin, et avantage non négligeable, ce type de carburant peut utiliser les infrastructures pétrolières existantes, faisant ainsi l'économie d'une coûteuse phase de transition.

Photosynthèse artificielle : une forêt dans une boîte

Extrait du BE Japon N°435 - Ambassade de France au Japon, le 15/03/2007 à 07h19

Un groupe de chercheurs de l'université de Kyoto a développé un matériau qui pourrait être utilisé pour reproduire à bas coût la photosynthèse.

Cette innovation pourrait permettre l'utilisation de systèmes bon marché et efficaces pour synthétiser des sucres et de l'éthanol à partir de la lumière et du dioxyde de carbone. Ce système aurait aussi l'intérêt de réduire la quantité de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

Sous la direction du Dr. Hideki Koyanaka, les chercheurs ont utilisé une technique innovante de combustion permettant de produire des particules de dioxyde de manganèse très pures, de la taille de plusieurs nanomètres. Le matériau développé est donc à base de manganèse, qui coûte quelques centaines de yens (environ quelques euros) au kilo et joue ici un rôle prépondérant dans la photosynthèse. La petite taille des particules permet de rendre le matériau plus réactif et efficace à l'imitation du phénomène naturel de photosynthèse.

En théorie, les chercheurs pensent que ce matériau devrait pouvoir réduire le dioxyde de carbone dans l'atmosphère 300 fois plus efficacement que les plantes. Au vu du faible coût de leur système, ils envisagent la commercialisation de leur matériau dans des dispositifs pratiques, de petite taille qui permettraient de réduire l'émission de dioxyde de carbone à la source, c'est-à-dire qui seraient embarqués dans les voitures ou utilisés par les usines.

Par Barbara Ngouyombo.